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Sept Frenchies perdus dans ma campagne…

Dans un anglais hési­tant entre­coupé d’un fort accent français, un jeune homme me demande si, avec sa bande de copains, il peu­vent planter leurs tentes dans le pré du cheval. Bien-entendu, je l’ai laissé galérer en anglais avant de lui répon­dre en français.

Rholàlà, la tête qu’il a tirée quand je lui ai répondu en français. Si il y a bien un endroit où il ne s’attendait pas à ren­con­trer une fran­coph­one, c’était bien dans cette campagne !

C’est hilare qu’il est retourné aux voitures dire à ses copains qu’ils pou­vaient s’installer pour la nuit.

Et moi bien-sûr, j’étais bien con­tente de pou­voir faire la causette en français. Autour d’une (en fait, il y en a eu trois) bouteille de vin néo-zélandais, les qua­tre garçons et les trois filles se sont mis à racon­ter leur périple, sous la direc­tion de mes ques­tions très curieuses, les réponses fusent, toutes aussi improb­a­bles les unes que les autres :

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http://relglaw.com/pma/ Pourquoi la Nouvelle-Zélande ?

  • Le rugby ! Les All Blacks ! C’te question !
  • Y’avait pas plus loin de la France !
  • La cul­ture et l’histoire des Maoris, fascinant !
  • L’aventure, la décou­verte, les vol­cans et les sources d’eau chaude, la nature
  • Vacances avec pos­si­bil­ité de tra­vailler si on a envie ou si on doit
  • Un peu tout ça et améliorer mon anglais en même temps
  • Ils avaient déjà décidé de par­tir, et moi je voulais pas rester en France un an sans eux.

http://inlandwoodturners.com/?p=312 Vous êtes par­tis pour un an, ça fait com­bien de temps que vous êtes sur les routes néo-zélandaises?

  • On est arrivés à Auck­land il y a qua­tre mois et on décide de bouger quand on veut pour aller où on veut.

go to site Vous avez eu le temps, en qua­tre mois, de faire tout ce que vous vouliez faire sur l’ile du Nord ?

  • Il y a env­i­ron six-cent cinquante kilo­mètres entre Auck­land et Welling­ton, mais vu qu’on a voy­agé en zig-zag on a bien dû avaler qua­tre mille kilo­mètres, on s’est per­dus aussi des fois… souvent…
  • Oui, on a bien voy­agé sur l’ile du Nord. On a fait, je crois, tous les points d’intérêts, même cer­tains sans intérêt d’ailleurs… Vu qu’on avait tous des envies par­ti­c­ulières, on a essayé de sat­is­faire tout le monde, et jusqu’à présent on est tous ravis.
  • Sauf moi, j’aurai voulu rester plus longtemps à « Hob­biton » le vil­lage des Hob­bits du Seigneur des anneaux. J’ai adoré !
  • Ouais, mais ça coûte un sal­adier les entrées !

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Quel est l’endroit que vous avez préféré jusqu’à présent ?

  • Rotorua ! Sans hési­ta­tion ! Ahh les bains dans les piscines naturelles d’eau chaude, ça sent pas génial, mais on s’habitue à cette odeur d’œufs pour­ris et ces gey­sers qui jail­lis­sent de terre et toute la vapeur, c’est spec­tac­u­laire. L’eau peut être bouil­lante, mieux vaut faire attention.
  • Non, les Coro­man­del ! Cette pénin­sule a les plus belles plages du monde, et la hot water beach, tu creuses un trou et tu te baignes dans de l’eau chaude ! Incroy­able ! Je pense que je pour­rai vivre là-bas, tu bosses à Auck­land et tu ren­tres chez toi le soir, c’est comme si tu changeais de pays chaque fois.
  • Moi, j’ai aimé Hawkes Bay. On est resté un peu plus longtemps là-bas car on avait trouvé un job. On était bien dans notre camping !
  • Pour moi c’est sans aucun doute le parc national du Ton­gariro. On y est restés six jours, on a bien dû avaler une cen­taine de kilo­mètres à pied et il a fait froid. Tu tra­verses tous les paysages pos­si­bles et inimag­in­ables. Des forêts, des mon­tagnes, des riv­ières, des cas­cades, et même le désert. Incroy­able. Il (en désig­nant son copain) a failli faire pipi dans sa culotte quand on a approché le Mont Ruapehu (le célèbre vol­can du Seigneur des Anneaux)
  • Perso, j’ai beau­coup aimé le nord d’Auckland. Tout le North­land. J’ai trouvé la sérénité là-bas… C’était très relax­ant, les paysages sont mag­nifiques, les plages superbes et les petites villes très mignonnes. En plus on a eu du soleil tout au long de nos cinq jours.
  • Moi j’ai tout aimé, tout est si dif­férent d’un endroit à un autre. Il y a de tout pour tous les goûts. Les mon­tagnes, les grandes villes, des gorges, des riv­ières, des plaines à perte de vue, des petits vil­lages, de la neige et des plages.
  • Les grandes dis­tances sans autoroute ! Sans cir­cu­la­tion, sans personne !

Quels gen­res de jobs avez-vous trouvé ?

  • Ramasser les fruits
  • Serveuse
  • Dans la vigne

A quel salaire de l’heure ?

  • Le min­i­mum… ça doit faire env­i­ron 8 euros et des brou­ettes. C’est pas beau­coup, mais ça suf­fit pour nous nour­rir, pour payer l’essence et planter nos tentes…

Les véhicules avec lesquels vous voy­agez, vous les avez achetés ou vous les louez ?

  • On a longue­ment hésité. On aurait pu acheter un camping-car, mais les filles ne voulaient pas con­duire ce gros machin, et on s’est dit que ça allait être galère pour la con­duite à gauche et surtout au niveau de l’achat et de la vente car notre anglais est lim­ité et on ne voulait pas s’encombrer avec des for­mal­ités comme les assur­ances, l’enregistrement des véhicules et tout ça. Donc, on loue des voitures et quand on décide de rester quelques jours à un endroit on les retourne, ce que nous fait économiser de l’argent. On a tourné les chiffres dans tous les sens et somme toute, la loca­tion n’est pas si chère.

Quels sont vos plans pour les prochains mois ?

  • On est arrivés aujourd’hui à Welling­ton et n’avons encore pas vis­ité. Nous allons rester trois jours, ce qui devrait nous don­ner assez de temps pour vis­iter la Cap­i­tale « windy Welly ». Ensuite on fourre tout sur le ferry direc­tion l’ile du Sud.
  • Cette ile est grande et il y a beau­coup à vis­iter. On va essayer de trou­ver un job à Queen­stown, cer­taine­ment dans le milieu du ski. On pense rester six mois sur cette ile, tout dépen­dra du fric. Ensuite, deux des filles souhait­ent se ren­dre en Nouvelle-Calédonie si leurs finances sont d’accord, et nous ben on ira là où le vent nous poussera.

Vous n’avez pas parlé d’animaux…

  • T’as rien demandé non plus…
  • Rhooo ! Tais-toi. On a vu des kiwis dans un sanc­tu­aire. Des Tuataras aussi, tu sais ces petits dinosaures. On a vu beau­coup de pos­sums, mais ils étaient écrasés sur la route, paraît que c’est le sport national… On aurait bien aimé voir des chevaux sauvages dans le désert, mais parait que c’est rare d’en voir. Des mou­tons bien-sûr, et même des très moches qui per­daient leur four­rure, paraît que c’est la race qui est comme ça. Moche ! A des endroits on pou­vait voir la peau tan­dis que de l’autre côté il y avait encore des énormes plaques de laine. Et euhh… Ah oui on a aussi vu plein d’oiseaux, des per­ro­quets, des tuis j’adore comme ils chantent, des pukekos mar­rants comme tout et des chou­ettes ou des hiboux.
  • J’aimerai voir des pin­gouins, des pho­ques, des dauphins, des baleines et des orques. On aura peut-être aussi la chance de voir des lions de mer. Pour ça on va s’arrêter à Kaik­oura. Et cer­taine­ment que tout au sud de l’ile du Sud, on en verra plein.
  • Moi j’aimerai aller à Arthur Pass, il parait qu’il y a des per­ro­quets verts, des Kea je crois, qui ron­gent les caoutchoucs sur les voitures, j’adorerai voir ça.

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Et point de vue nourriture ?

  • On est un peu frus­trés, vu qu’on a pas des masses au bud­get pour ça, c’est pas mal de pâtes et de riz. On s’offre de temps en temps un ham­burger, on a décou­vert le « burger fuel » les meilleurs ham­burg­ers qu’on a jamais mangés !

Qu’est-ce qui vous manque ?

  • Les pro­duits laitiers ! Ils sont tous supers chers ! Les yaourts sont super bons ! Cer­tains fro­mages sont excel­lents aussi. Mais c’est assez rare qu’on en achète.
  • Le pain ! je suis en manque de pain frais et croustillant !
  • Moi ? Ben je crois bien que je me ferai volon­tiers un pot de Nutella… quand je pour­rai me l’offrir !
  • Un gros steak de bœuf bien saig­nant avec des frites…
  • On sait bien qu’on trouve tout ça ici… mais on est lim­ité niveau fric
  • Perso, ce qui me manque, c’est un bon lit douil­let et une douche. Mais je me plains pas, je savais avant de par­tir qu’on allait avoir mal au… euh… aux fesses sur ces matelas.

Que rêvez-vous de faire si vous en aviez les moyens ?

  • Un tour en héli­cop­tère au-dessus des glac­i­ers sur l’ile du Sud
  • Oui, et il nous pose en haut et on redescend à ski
  • Moi, je ferai bien le tour de toutes les brasseries de Nouvelle-Zélande, y’en a un paquet ! La bière est telle­ment bonne ici !
  • Une croisière dans les Mil­ford Sound. C’est parait-il le plus bel endroit au monde. C’est tout en bas de l’ile du Sud, j’ai du temps pour met­tre de l’argent de côté
  • Je veux ren­con­trer les All Blacks, mais bon vu que même un mil­lion ne suf­fira pas, je veux aller voir un match.
  • Je don­nerai cher pour aller remet­tre une baleine échouée dans l’eau
  • Vivre trois jours dans une des petites maisons à « Hob­biton » et aller boire un verre avec Peter Jackson
  • Moi ce serait avec Shakira
  • Tu con­fonds avec Sha­nia Twain ma grande !
  • Ouais, c’est elle que je voulais dire

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Qu’est-ce qui vous man­quera quand vous serez de retour à la maison ?

  • Hockey Pockey Ice cream… c’est trop trop bon ! J’adore ces petites boulettes de miel dans cette crème glacée !
  • On a goûté des « Yams » c’est un peu comme une patate douce, mais en plus petit. Elle les avait cuis­inés au four, ils sont passés d’un joli rouge à une couleur plus fade, un peu orange. L’intérieur était fon­dant, c’est très bon.
  • Moi, il me man­quera cette tran­quil­lité et la sym­pa­thie des kiwis. Ils sont très chaleureux et quand ils com­pren­nent que tu viens d’ailleurs, ils ont tou­jours mille ques­tions à te poser.
  • Dans le North­land, je suis tombée amoureuse d’une mar­que de chocolat…
  • Il me man­quera cer­taine­ment une autre année de liberté…
  • La bière

Une anec­dote ?

  • Quand on est arrivés à Hawkes Bay, on s’est instal­lés au camp­ing. Rester avec les copains et par­ler français tout le temps, n’allait pas faire s’améliorer mon anglais. Donc je suis allé dis­cuter avec nos voisins, qui se sont avérés être français aussi… je crois bien qu’à part un cou­ple d’allemands et un autre de je sais pas où, on était tous francophones.
  • Con­duire à gauche, c’est pas évi­dent ! Surtout quand il n’y a per­sonne sur la route t’as ten­dance à te met­tre à droite. Mais les gens sont sym­pas, quand tu te plantes au gira­toire, ils te lais­sent passer et te font un geste en guise de « y’a pas d’mal »
  • Moi, c’est quand je bos­sais à la vigne. J’ai fini par amener tous les out­ils de l’atelier car après la troisième fois où j’avais pioché le mau­vais outil et tou­jours pas com­pris lequel il voulait, j’ai décidé de tous les prendre…
  • Au « Hob­biton » j’attendais que les copains aient fini aux toi­lettes après la vis­ite. Et là, une jeune femme me flanque un biberon dans les mains, m’attrape par le bras et m’emmène nour­rir un agneau. C’était trop mignon !
  • Un soir, on a planté nos tentes dans un champ, mais on a vu per­sonne et on savait pas où aller pour deman­der la per­mis­sion, alors on y est allés au culot et on s’est instal­lés. Le lende­main matin, les filles étaient ter­ror­isées car elles pen­saient que quelqu’un sec­ouait leur tente pour les faire sor­tir. En fait, c’était juste les vaches qui étaient très curieuses. On a fait ensuite le tour de toutes les fer­mes des envi­rons pour expli­quer qu’on avait planté les tentes mais trouvé per­sonne pour deman­der la per­mis­sion. Et bien tous les paysans nous ont offert un petit-déjeuner. On en a eu qua­tre ce jour-là, mais on a tou­jours pas trouvé le pro­prié­taire du champ !
  • Je me suis fait virer de mon boulot avant même d’avoir com­mencé. J’ai pas réussi à me lever ce matin-là…

Ils m’ont fait mal au cœur quand je les ai vus avec leur paquet de pâtes… surtout lorsque j’ai com­pris qu’elles seront natures ce soir, pas de sauce, ni de beurre… Je suis allée chercher des tomates et du basilic dans la serre ainsi qu’une jolie salade. Dans le frigo j’ai pris de la vinai­grette, du fro­mage et un litre de lait. Une douzaine d’œufs de mes poulettes ont accom­pa­gné leur repas. Ils étaient con­tents ! Quand je les ai quit­tés, vers vingt heures, ils m’ont dit (et répété au moins quinze fois) qu’ils par­ti­raient de très très bonne heure le lende­main matin, car ils avaient beau­coup de choses à faire, et que je ne les ver­rai cer­taine­ment pas. Je suis allée les réveiller à onze heures, ça me parais­sait pas trop tôt… si ?

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Comments

  1. Excel­lent ton reportage Sylviane..je pense qu’ils on telle­ment bien manger que leur estomac a du dire Woawwww…lol..bises

    • 🙂 l’estomac trop plein, ceci expli­querai pourquoi ils ont dormi jusqu’à 11h !! En tout cas ils étaient super con­tents, et moi je me suis bien amusée. Merci pour ton mes­sage Rosinette 🙂 des bisettes

    • 🙂 C’est vrai… j’aurai dû leur faire désher­ber et retourner le jardin… au lieu de ça j’ai demandé si par hasard y avait pas un dessi­na­teur dans le tas (j’avais vrai­ment besoin d’un joli dessin pour un bil­let) ben non, z’ont préférés aller nour­rir les mou­tons et le cheval… (et mon petit doigt me dit que les carottes et le crois­sant tout sec n’ont pas finis dans l’estomac de ma ménagerie…)
      Merci pour ton message 🙂

  2. Ton arti­cle m’a bien fait rire ! J’adore aussi laisser les gens galérer en anglais avant de leur répon­dre en français… tu avais com­menté mon arti­cle sur les pin­gouins y a quelques temps, j’ai enfin retrouvé ton blog et mis en favoris 🙂 à bientôt !

    • Salut Kenza, merci pour ton mes­sage 🙂
      C’était un chou­ette moment avec eux (une bise si ils me lisent !) j’aimerai bien renou­veler l’expérience !
      Je me sou­viens bien de ton arti­cle sur les pin­gouins, c’était un très bel arti­cle. Merci de me suivre 🙂 et con­tinue de nous faire rêver à Melbourne 🙂

  3. Ton récit m’a ren­voyé trois ans en arrière avec plein de sou­venirs et de photos.

    Tu les a bien fait marcher en les lais­sant bégayer leur anglais et en leur répondant

    en français avec ton petit accent suisse. Grosses Bises André.

    • Merci André, c’est vrai que nous nous sommes bien amusés il y a (déjà?!?) trois ans. Je devrais faire un petit récit là-dessus d’ailleurs, c’était telle­ment chou­ette !
      Ils étaient bien sym­pas ces petits français et nous avons bien rigolé avec mes ques­tions et leurs réponses.
      Bises aussi et à bientôt 🙂

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