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Le bed, le breakfast et tout ce qui reste

Read Full Article « Merci infin­i­ment pour ton accueil, tu es une hôtesse for­mi­da­ble, tu as été comme une grande sœur pour nous. Nous avons passé un très agréable séjour et nous revien­drons sans doute bientôt ».

canadian rx orlistat Euh… mais de rien… Et je dois dire que se faire traiter de grande sœur par un cou­ple qui a au moins vingt-cinq ans de plus que soi, ça euh… com­ment dire… ça… rafraîchit !

Quand on est aux com­man­des d’un « Bed & Break­fast », on four­nit le bed, le break­fast, mais il y a aussi tout ce qui reste. Les hôtes défi­lent et ne se ressem­blent pas, et heureuse­ment, sinon ça deviendrait un peu monot­one ! Cer­taines per­son­nes res­teront gravées dans ma mémoire, tant leur com­pag­nie était agréable ou drôle. Je garde cer­tains sou­venirs pour quand le temps sera gris, ça amèn­era un éclat de rire ou un rayon de soleil.

bbIl y a eu ce jeune cou­ple en prove­nance directe de New York, tout jet­lagés comme ils étaient, ils ne restaient que qua­tre jours à Welling­ton. Qua­tre journées pour tout vis­iter, ils avaient plein de temps devant eux. Mais quand on dort jusqu’à qua­torze heures tous les jours, il est inutile de met­tre ses sour­cils en accent cir­con­flexe quand je réponds que « non, effec­tive­ment, les musées, les galeries et tous les autres bâti­ments du Par­lement ne sont pas ouverts au pub­lic la nuit… »

Cette toute jeune fille en prove­nance d’Allemagne était en stage dans un hôpi­tal à deux heures de route de Welling­ton. Elle venait d’arriver, c’était son pre­mier week-end après une semaine inten­sive de tra­vail, d’immersion et de décou­vertes. Elle avait choisi le Cot­tage pour sa prox­im­ité avec la cap­i­tale, la tran­quil­lité de la cam­pagne et aussi parce que je suis une rési­dente étrangère et qu’il y avait de fortes chances que je con­naisse mieux le pays que les locaux (comme tout bon expat’ qui se respecte, je ne suis pas très fière de dire que je con­nais mieux la Nouvelle-Zélande que mon pro­pre pays…) C’est donc munies de cartes, de brochures et d’applications pour son télé­phone portable, que nous avons minu­tieuse­ment pré­paré ses escapades pour ses prochains week-ends. Non seule­ment Bed and Break­fast, mais aussi agence de voy­age, et je dois dire que j’adore ça !

J’ai envie d’un poulet rôti, dit-il à sa femme. Tu crois qu’elle va voir qu’il lui manque une poule ? Il aurait pu le dire en man­darin his­toire que je ne com­prenne pas ce qu’il racon­tait. J’ai passé deux jours à compter mes fifilles. Deux jours à pani­quer et à ne pas par­tir du Cot­tage afin de leur laisser aucune chance de se retrou­ver seuls avec mes poulettes… Ils en ont prof­ité alors que je me trou­vais dans la serre. C’est lorsque je suis entrée dans la mai­son que l’odeur de poulet rôti qui flot­tait dans l’air m’a fait pani­quer quelques sec­on­des (qui m’ont parues des heures) avant que mes yeux ne tombent sur l’emballage vide du poulet qu’ils avaient acheté au super­marché… Pfiou­uuu… (oui, pfiouuu mais je suis quand-même allée recompter mes fifilles…) Ce soir-là, en plus du poulet rôti, nous avons eu du saumon, des moules, une sole, une soupe chi­noise, des légumes et des œufs en plus du riz. Plus qu’il n’en fal­lait pour nour­rir un rég­i­ment. Ils sont repar­tis au pas de course car une semaine pour vis­iter les deux iles, c’est peu ! Ils s’en sont allés avec une douzaine d’œufs de mes fifilles qu’ils voulaient ramener à leur famille en Chine… J’espère que la famille aime les omelettes dans la valise !

Uni­ver­si­taire à Auck­land, ce jeune cou­ple d’origine indi­enne, se délecte de cha­cune de leur étape de leur voy­age en voiture depuis Dunedin (ile du Sud). Leur périple était basé sur la réal­i­sa­tion de leurs vœux et rêves. A Dunedin, c’était s’enivrer de l’ambiance du « Dunedin Craft Beer and Food Fes­ti­val » à Christchurch vis­iter la cathé­drale en car­ton (recon­stru­ite avec les débris des maisons détru­ites pen­dant le trem­ble­ment de terre de 2011) et à Welling­ton, vis­iter la Bee­hive (le build­ing du Par­lement) et… manger dans un restau­rant ital­ien… Et ils m’ont embar­quée avec eux. On s’est régalés ! Ravis de leur séjour au Cot­tage et d’être entourés d’animaux, ils ont repris la route pour ren­trer chez eux à Auck­land non sans m’avoir pro­posé de l’argent pour acheter Tana le chien !

Ces deux jeunes touristes res­teront gravés dans ma tête, tant ils étaient gen­tils et atten­tion­nés. Ils se trou­vaient sur la route depuis quelques semaines, s’offrant par­fois le luxe d’une cham­bre d’hôtel, his­toire de se rabi­bocher avec un vrai lit. Leur voiture était leur mai­son, ils étaient super bien organ­isés mais le con­fort d’une vraie cui­sine et d’une vraie cham­bre à coucher leur man­quait, par­ti­c­ulière­ment quand le mau­vais temps les accom­pa­g­nait. Ils ne sont restés qu’une seule nuit, j’aurai bien aimé qu’ils restent plus longtemps, une bouf­fée d’oxygène et un rayon de soleil ces deux-là ! J’espère que leur trop court séjour restera dans leur mémoire aussi. On n’oublie pas si facile­ment la pre­mière fois qu’on caresse une poule n’est-ce pas ? A l’heure qu’il est ils doivent être quelque part sur l’ile du Sud et je leur souhaite de mag­nifiques moments à ces deux petits français !

Arrivés de Syd­ney, ils n’en reve­naient pas qu’on puisse vivre en pleine cam­pagne à seule­ment vingt min­utes en voiture de la cap­i­tale. Mais s’ils avaient su que la route pour y accéder était si sin­ueuse ils auraient prob­a­ble­ment choisi un autre endroit. C’est seule­ment le lende­main, en ren­trant de leur journée décou­verte qu’ils ont réal­isé qu’à Welling­ton, il n’y a pas vrai­ment d’endroits plats et pas non plus de larges autoroutes con­stru­ites en longues ban­des droites. C’est rock’n roll de con­duire par ici, me dit-il ! Cette autre per­sonne n’a pas pu résis­ter à Skyper sa maman pour lui mon­trer « en direct » les ani­maux. « Tu vois le cheval maman ? Et les poules ? Regarde les mou­tons, ils vien­nent quand on les appelle » Et cette dame d’une soix­an­taine d’années qui n’arrivait plus à se relever après avoir passé une heure assise parterre à caresser les chiens. Quant à l’odeur de pois­son qui est restée incrustée dans la mai­son pen­dant deux jours après le départ de ces touristes, me fait penser qu’il faudrait que j’ajoute un arti­cle dans mon règle­ment intérieur.

Jusqu’à présent, j’ai beau­coup de chance. Rien n’a été cassé, abimé ou taché. Je n’ai pas eu que des bons moments non plus, mais rien qui me fera arrêter cette activ­ité. Il ne reste que quelques nuitées libres en décem­bre, ensuite il fau­dra que j’organise un voy­age au mag­a­sin de deux­ième main. C’est dingue ce que les gens peu­vent oublier der­rière eux. Entre des pulls, des chaus­sures neuves encore avec l’étiquette du prix dessus et des t-shirts, il y a aussi une cein­ture, une pelle à tarte et des chaus­settes. J’ai aussi eu le grand plaisir de décou­vrir une mon­tagne de linge sale dans la machine-à-laver, qui attendait patiem­ment que quelqu’un appuie sur « start ». Cepen­dant, il y a cer­tains arti­cles qui ne trou­veront pas une sec­onde vie dans une famille gen­tille et loyale, car je les ai jetés ou recy­clés. Dans le pré des mou­tons se trou­vait une brosse-à-dent avec la ligne de den­ti­frice encore dessus, en dessous du canapé j’ai ramassé deux chaus­settes dépareil­lées, sous un lit il y avait seule­ment le pied gauche d’une paire de souliers de mon­tagne et dans mon jardin, j’ai trouvé, encore intact et inutil­isé dans son embal­lage, un préservatif …

Chers hôtes, j’espère que votre séjour au Cot­tage a été plaisant et que vous garderez un excel­lent sou­venir de celui-ci. Quant à moi, je puis vous assurer que je con­serve de chaque per­sonne qui a séjourné ici un très bon sou­venir. Mais si vous tenez vrai­ment à me laisser quelque chose après votre départ, j’apprécierai vrai­ment une boîte de choco­lats car mon plac­ard regorge déjà de chaus­settes soli­taires (sauf si vous avez la rose et grise en poin­ture 35–38 avec snoopy dessus). Et sachez que quand bien même elles sont  « saveur fraise » les capotes ne poussent pas dans le jardin…

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Comments

  1. Comme un inven­taire à la Pre­vert ! Il est savoureux ce bil­let syl ! Je viendrais bien com­pléter ta panoplie de vis­i­teurs … Mais TU ES BEAUCOUP TROP LOIN …la Bre­tagne ne te tente pas ou alors la Suisse ?
    Bises et bon­jour à chéri ! Hâte de faire sa con­nais­sance à ce déserteur !

    • Merci la Fab 🙂 quel com­pli­ment, mon vis­age et mes oreilles en rosis­sent de plaisir ! Oui, c’est loin… tout comme la Bre­tagne et la Suisse !!! Chéri ren­tre ce soir et je ne man­querai pas de lui passer ton bon­jour, bises aussi 🙂

  2. Mon chéri et moi avons déjà regardé sérieuse­ment aller s’établir en Nouvelle-Zélande. À défaut de n’avoir pas fonc­tionné, main­tenant je sais où j’irai loger lorsqu’on ira vis­iter! Et ne t’en fais pas, moi quand je voy­age, je traîne tou­jours des trucs de chez moi à don­ner en cadeau! 😉 Alors, je t’amènerai un brin de sirop d’érable! xx

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