Image

J’en crois pas mon oeil…

buy zoloft cheap Il y a devant moi cette jeune femme. Elle attend au comp­toir du café pour passer sa com­mande. « A flat white, no sugar to take away please » Elle paye son café au lait sans sucre à l’emporter. Elle doit avoir la petite trentaine. Elle est habil­lée de gris et de blanc de la tête aux pieds, du sac-à-main aux escarpins. Elle a un beau look qui lui sied à mer­veille. Bien sapée, grande et fine, ses cheveux soigneuse­ment et scrupuleuse­ment coiffés-décoiffés, une prestance et un charisme qu’on pour­rait presque palper. Le genre de fille qu’on a juste envie d’assommer.

buy cheap neurontin online Untitled-2

Quand la trans­ac­tion finan­cière est ter­minée, elle se retourne et se met de côté en pian­o­tant sur son télé­phone (dernier mod­èle, ça va sans dire) la tête bais­sée. A mon tour je passe ma com­mande, paye mon café et me plante sur le côté en atten­dant moi aussi mon café.

Elle est de pro­fil. Je la regarde sans la regarder parce que c’est pas très poli quand-même de dévis­ager les gens pareille­ment… Je laisse mon esprit vagabon­der à imag­iner son style de vie. Pop Star ? Actrice ? Créa­trice mode ? Non, elle doit être créa­trice de bijoux au vu de ce qui pen­douille de ses poignets et de son cou. Mag­nifiques orne­ments qui évide­ment donne la touche finale à son look. Parures que je m’efforce d’ensorceler afin qu’ils s’enroulent sur eux-mêmes et l’étranglent.

Son café est prêt, le jeune homme der­rière le comp­toir l’appelle. Elle quitte enfin son télé­phone des yeux, relève la tête et avec un sourire, digne des pub­lic­ités pour den­ti­frice, elle remer­cie le barista. Il se fige. Il écar­quille les yeux, la bouche ouverte comme si il avait vu un fan­tôme. Il ne dit rien pour autant, peut-être qu’il bafouille un « you are wel­come » per­sonne ne peut en être sûr. Sa réac­tion sem­ble attiser la curiosité des autres clients dans le café, ainsi que la mienne, ça va de soi.

Elle saisit son gob­elet de sa main gauche, faisant tin­ter ses bracelets. Elle se retourne et lève enfin les yeux. Elle se retrouve face à la foule, face à moi aussi. Je ne sais pas si les autres clients ont la même réac­tion, mais moi je rejoins le barista : je suis stupéfaite !

Evidem­ment, elle a un beau vis­age. Evidem­ment, elle sourit. Evidem­ment, elle est maquil­lée. Et quel maquil­lage ! Et moi qui pen­sais que ses bijoux don­naient la touche finale à son look, j’étais dans l’erreur. Un teint par­fait, des touches de fards, d’ombres et de crayons qui finis­sent de com­poser son apparence. A ce moment-là, je ne sais pas s’il faut en rire ou en pleurer. Je ne sais pas s’il faut le lui dire ou se taire pour l’éternité. Je choi­sis la sec­onde option. Je me tais. Je me dis qu’il y aura bien quelqu’un dans sa journée qui va le lui dire. Qu’il y aura bien quelque part un miroir. Qu’il y aura bien un endroit aujourd’hui qui sera moins bondé que ce café, un endroit plus adéquat pour que quelqu’un le lui fasse savoir, en toute dis­cré­tion. Ou pas…

Parce qu’alors ça, c’est par­ti­c­ulier quand-même.

En Nouvelle-Zélande, voir des per­son­nes se balader en pyjama dans les super­marchés le dimanche, c’est com­mun. Des gens qui se déguisent en M&M’s ou en marsh­mal­lows, pour un oui ou pour un non, c’est courant. Des bon­nets, des écharpes et des gants de toutes les couleurs qui embal­lent leur pro­prié­taire frig­ori­fié mais vagabon­dant en flip-flap, ou au con­traire (et c’est courant aussi) de voir quelqu’un à moitié à poil parce qu’il fait chaud, mais qui garde aux pieds ses slip­pers (bottes d’intérieur, mais que tout le monde porte à l’extérieur, rem­bour­rées en laine de mou­ton, et qui tien­nent super chaud à nos petits petons). Mais ce que je vois sur le beau vis­age de cette femme, ça… pour ma part, c’est du jamais vu ! Le silence épais qui se répand dans le café me con­firme que ce n’est pas courant, tant mieux !

Elle avait pris soin de maquiller, de souligner d’un trait par­fait, d’appliquer ses fards à paupières et autres ombres dans un dégradé nuancé de nacres grises et enfin de recourber ses cils pour leur faire for­mer la longueur et le galbe par­faits, pour obtenir ce regard de biche, ce regard de velours, et ce,

seule­ment sur… un seul œil !

Je sur­saute lorsque le barista m’appelle. Mon café est prêt, je l’avais oublié celui-là. Mille pen­sées se bous­cu­lent dans ma tête. Je me con­cen­tre sur le vis­age du jeune homme, pas d’écarquillement d’yeux et sa bouche ne forme pas un « oh » comme s’il avait vu un fan­tôme. Très bien, moi au moins je n’ai pas oublié de faire le deux­ième œil. Je m’assieds sur un banc à l’extérieur en me dis­ant : « mais com­ment peut-on oublier de faire son deux­ième œil ? » Sérieuse­ment, comment ?

Si j’ai tou­jours envie de la noyer dans son gob­elet de café ? Mmmmhhh… non, je préfère rire de la savoir en lib­erté au vu de tous avec son œil au beurre naturel.
Alors c’est quoi ce truc ? Nou­velle mode ? Ne pas passer inaperçue ? S’exhiber avec et sans ? Ou peut-être est-elle maquilleuse pro­fes­sion­nelle et dévoile les mer­veilles d’une nou­velle palette ? Aucune idée… D’autres suggestions ?

Tweet about this on TwitterShare on FacebookShare on Google+

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *