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Quand je reviens d’Australie avec mes phobies (âmes sensibles s’abstenir…)

http://tbaii.com/services Tout le monde est là qui m’accueille. Même la voi­sine qui s’est occupée de tout mon monde pen­dant mon absence. J’ouvre ma valise pour lui don­ner ses bon­bons aus­traliens préférés. Elle rigole suite à mes his­toires de ser­pents et d’araignées. Elle s’en va en dis­ant que c’est pas en Nouvelle-Zélande qu’on risque de trou­ver des besti­oles pareilles et je réplique que c’est très bien comme ça.

buy topamax 200 mg Ma valise défaite, je décide de passer une soirée tran­quille. Car entre le décalage horaire, le temps de vol et les tra­jets, ma journée est déjà finie. Après être allée chercher du bois dans l’abri, j’allume un bon feu dans la chem­inée et me vautre dans le canapé avec un bon livre et mon repas. Les chiens, remis de leurs émo­tions roupil­lent déjà devant le feu. Ma salade savourée, je pose le sal­adier vide sur la petite table et me sai­sis de mon livre. Quelques dizaines de pages plus tard, du coin de l’œil je vois un truc noir sur le tapis qui déam­bule à toute vitesse entre le canapé et la chem­inée. Je hurle aux chiens de laisser ce machin tran­quille (mon cri les a réveil­lés en sur­saut, ils ont rien com­pris), et je jette au tra­vers de la pièce, le sal­adier qui con­te­nait mon repas, avec l’espoir que quelque chose de mirac­uleux se pro­duise. Le sal­adier se retourne et par chance, atter­rit sur l’énorme araignée qui se trouve empris­on­née. Elle panique, peut-être autant que moi, et essaie de s’échapper. Je me sai­sis immé­di­ate­ment du « Larousse Gas­tronomique » qui se trouve dans la bib­lio­thèque et le place sur le dessus du sal­adier. Cette bible, qui pèse un âne mort, devrait retenir ce mon­stre dans sa prison de verre, en atten­dant. En atten­dant quoi au fait ?

http://gaethicswatchdogs.org/LTdVZ/2015/12/athens-banner-hearald-accuser-stands-by-reports-of-wrongdoing/ La soirée se passe. J’essaye de lire mon bouquin, mais je me rends compte rapi­de­ment que je lis et relis pour la cen­tième fois la même phrase, je décide alors de télé­phoner à Kiwichéri pour me ras­surer. Et je fais quoi main­tenant avec ce mon­stre sous mon sal­adier ? Il me répond qu’il faut que je l’enferme dans un bocal et que je l’emmène au départe­ment de la Con­ser­va­tion, car elle s’est cer­taine­ment fau­filée dans ma valise, ils vont la détru­ire si c’est une espèce aus­trali­enne. Quoi ?!? Tu peux rêver que je vais toucher ce truc, même que je vais m’approcher à moins de cinq mètres de mon sal­adier. Encore moins met­tre le bocal dans mon sac à main, con­duire vingt min­utes avec ce mon­stre enfermé avec moi dans la voiture. Pour rien au monde ! En fait, je pense que je vais atten­dre vendredi.

La semaine fut hor­ri­ble, j’ai été ten­tée à plusieurs reprises de télé­phoner à quelqu’un, un copain ou un voisin pour venir me sauver. J’ai même failli appeler les pom­piers quand, mer­credi soir, comme je ne pou­vais pas dormir (tout comme les autres soirs d’ailleurs) elle a com­mencé à s’agiter sérieuse­ment sous son sal­adier. J’ai bien cru qu’elle allait s’échapper, j’ai donc posé au-dessus du « Larousse Gas­tronomique » la biogra­phie de Steve Jobs, qui pèse aussi lourd qu’un sac de pommes. J’envoie à Kiwichéri un email depuis mon ordi­na­teur portable qui est posé sur mes genoux. N’ayant plus de bat­terie, celui-ci est rac­cordé à la prise secteur. En tapant mon email comme une acharnée paniquée, je fais fait tres­sauter l’appareil, qui, dans sa danse, fait bouger le câble élec­trique. J’ai failli m’évanouir quand j’ai vu un long truc noir se mou­voir en ondoy­ant le long de ma jambe, j’ai cru que c’était un serpent !

Ven­dredi matin, je fais un peu de ménage avant le retour de Kiwichéri. Je passe l’aspirateur et on peut voir sur la moquette un rond d’une cir­con­férence de un mètre autour du sal­adier. J’ai été bien pru­dente de ne pas m’approcher trop près. Une fois de retour, Kiwichéri se moque de moi. Quand-même, la p’tite bête ne mange pas la grosse ! Euh, merci pour le com­pli­ment… Mais il a quand-même un sur­saut imper­cep­ti­ble quand il voit le mon­stre. Il s’empare du télé­phone et appelle le départe­ment de la Con­ser­va­tion, avec qui il s’entretient pen­dant une demi-heure. Le pré­posé, que nous avons mis sur haut-parleur, nous fait un exposé sur les espèces qui envahissent la Nouvelle-Zélande et met­tent en dan­ger la faune et la flore, et sur l’extinction de cer­taines espèces. Oui, jusque-là on est bien d’accord sur ces sujets, et c’est la rai­son de cet appel télé­phonique. Il ajoute enfin que si ça se trouve, c’est une femelle que j’ai ramené, et de sur­croît, por­teuse. Elle pour­rait très bien pon­dre ses œufs et s’adapter très facile­ment au cli­mat… Super ! Il n’en faut pas moins pour réveiller mon adré­naline. Le pré­posé nous demande de pren­dre une photo et de la lui envoyer par email, il ne veut pas de cette besti­ole dans ses locaux (tu m’étonnes).

Kiwichéri n’en mène pas large quand il met en place son plan d’action, c’est qu’elle est grosse la vilaine. Muni d’un morceau de car­ton, il m’explique qu’il va le glisser sous le sal­adier, et de là on va pou­voir trans­vaser la bête dans un bocal à con­fi­ture. Je suis en charge du bocal, que je vais chercher sans tarder. Il me dit que je vais devoir fer­mer le bocal une fois que l’araignée aura glissé dedans grâce à l’interstice qu’il aura amé­nagé entre le car­ton et le sal­adier, en posi­tion quasi ver­ti­cale. Je n’entends pas la fin des instruc­tions, je suis déjà enfer­mée dans la cham­bre. Je lui crie qu’il peut le fer­mer lui-même le bocal. Il entre dans la cham­bre tout fier, avec le bocal à con­fi­ture et la besti­ole à l’intérieur. Et lui demande de se faire jolie pour la photo.

Une fois l’email envoyé, il nous faut patien­ter jusqu’au lundi avec ce bocal à con­fi­ture posé sur la table (j’ai chouiné pour qu’il aille le met­tre ailleurs, mais il a dit que j’avais qu’à le faire moi-même…) pour obtenir une réponse du départe­ment de la Con­ser­va­tion. C’est une espèce indigène, qui n’a rien à voir avec l’Australie. Il est néan­moins étonné que nous l’ayons trouvé à l’intérieur, vu qu’il s’agit d’une des nom­breuses espèces qui vit dans les bois. A moins que nous ayons une forêt pas loin de la mai­son, ou que nous ayons un abri dans lequel nous dis­posons notre bois de chauffage, il ne voit pas com­ment elle s’est retrou­vée à l’intérieur, ajoute-t-il avant de rac­crocher. Moi, je vois très bien com­ment elle est arrivée.

Aller chercher du bois dans l’abri pour allumer la chem­inée est désor­mais une tâche que je délègue à Kiwichéri. De mon côté, j’ai planté des tomates tout autour de l’abri à bois, il paraît qu’elles n’aiment pas l’odeur de la plante. J’arrache une feuille à chaque fois que je passe devant.

Kiwichéri a par­couru un kilo­mètre et demi à tra­vers les collines avec son bocal à con­fi­ture et la bête à l’intérieur. Je le voy­ais depuis le bal­con et lui cri­ais qu’il fal­lait aller la libérer plus loin, il était encore trop proche de la maison.

Il doit se ren­dre à nou­veau en Aus­tralie pour son boulot, si je souhaite passer le week­end avec lui là-bas ? Non merci, ça ira pour le moment.

Le sal­adier et le bocal à con­fi­ture ? Je les ai jetés.

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