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Cette journée-là

follow Wahoo quelle chance ! pour la pre­mière fois depuis une dizaine d’année (à en croire les pan­neaux d’affichage du jardin botanique) vient de fleurir une plante surnom­mée « Mr. Stinky ». Il s’agit d’une langue du dia­ble (de la famille des arums) d’un mètre de haut, fleur d’aspect velours et couleur pour­pre qui ne fleu­rit que deux fois dans sa vie. Vrai­ment beau et super impres­sion­nant à regarder, on se sent priv­ilégiés de pou­voir admirer ce phénomène. Pour­tant il faut que je parte d’ici, et vite ! Des nausées me pren­nent. Cette fleur pue, c’est pas pos­si­ble ! L’odeur fétide se répand dans toute la serre aux bégo­nias. C’est infect et dégoû­tant ça empeste la viande pour­rie ! Estom­acs sen­si­bles s’abstenir (surtout après la tartelette au cit­ron à laque­lle je n’ai pas résisté dans le Cable car…) Cette fleur porte bien son nom ! Kiwichéri est ravi, au moins je ne vais pas faire des pieds et des mains pour avoir la même dans le jardin.

go here pohutukawa L’air frais aide mon estomac à se remet­tre à l’endroit, pour­tant il me faut presque une heure et demie de déam­bu­la­tions dans les allées fleuries et ver­doy­antes pour déclarer que c’est ici que nous allons planter le décor pour notre petit pic-nic à la française. Assis dans l’herbe prof­i­tant de l’ombre d’un pohutukawa, l’une des espèces endémique de Nouvelle-Zélande, nos estom­acs ras­sas­iés, nous savourons l’instant présent ainsi que le reste de notre bouteille de vin rouge.

source Nous prenons le bus pour redescen­dre en ville. Les vis­ages sont tou­jours aussi souri­ants, et les « merci Mon­sieur le con­duc­teur » se font enten­dre dès qu’une per­sonne quitte le bus. A notre tour, nous souhaitons une belle journée au chauf­feur quand il est temps de par­courir à pieds les derniers mètres qui nous sépar­ent du Te Papa museum.

Il fait telle­ment beau que je ron­chonne que non, je veux pas aller au musée, aussi génial soit-il. Non non et non, on va quand-même pas aller s’enfermer par cette superbe journée, même si ce musée regorge d’attractions géniales et que la vis­ite vaut vrai­ment le détour. Je râle, mais je suis mon Kiwichéri caté­gorique. Il a l’œil pris d’une mal­ice et il tente tant bien que mal de cacher son sourire, ce qui me fait dire qu’il y a anguille sous roche. Il m’a bien eu ! En fait, il m’emmène dans les jardins du musée que je n’ai encore jamais pu apprécier, car en général on vient ici quand il pleut. Et il y a cer­taine­ment des anguilles sous les roches, tant ça regorge de petits ruis­seaux. On y apprend tout un tas d’infos envi­ron­nemen­tales, his­toriques et pra­tiques comme com­ment sur­vivre dans le bush si on y est perdu (oui, bon je sais bien que ça risque pas de m’arriver vu que j’ai con­science de mon inap­ti­tude à m’orienter je ne risque pas de m’aventurer au-delà des sen­tiers bat­tus, je ne suis pas si téméraire). On se balade dans l’histoire des Maoris, décou­vrons les cas­cades, emprun­tons le « swing bridge » (mon estomac fait des sauts périlleux et mon sens de l’équilibre est mis à rude épreuve) c’est absol­u­ment dingue de se retrou­ver dans un con­densé de Nouvelle-Zélande.

Retour vers le futur, où Kiwichéri pro­pose d’aller tester toutes les bières mai­son brassées à Welling­ton… et il y en a un paquet ! Lorsqu’il s’exclame sur la qual­ité de l’une ou le goût unique de l’autre, je lui pique son verre pour y trem­per les lèvres et com­menter avec la gri­mace adéquate, tirée de ma col­lec­tion. Y’a rien à faire, j’aime pas la bière. Le Pinot Gris Néo-Zélandais est de classe mon­di­ale, je me délecte d’un verre de ce breuvage fruité, pen­dant que Kiwichéri fini sa deux­ième et dernière bière (ah ah ah goûter toutes les bières qu’il disait !).

Je con­state à mes dépends que les repas que nous nous sommes offerts pen­dant notre journée touris­tique dans notre ville n’ont pas été très locaux… cette image est vite bal­ayée quand arrive à notre table nos cur­rys favoris et me dis que nous nous rat­trap­er­ons bien­tôt avec des spé­cial­ités régionales. La con­ver­sa­tion se pour­suit sur les tra­di­tions locales, et prof­ite de Kiwichéri l’indigène pour le ques­tion­ner à pro­pos de la cou­tume qui con­siste à klax­on­ner dans le tun­nel de Mount Vic­to­ria. L’histoire dit que c’est un hom­mage à une femme qui a été enter­rée vivante par son amant lors de la con­struc­tion du tun­nel, mais il est quand-même plus sympa de penser que c’est le lieu où tooter est autorisé sans rai­son si ce n’est d’obtenir un toot en retour. De fil en aigu­ille la papote nous entraîne sur le rugby. Notam­ment sur le folk­lore des sev­ens. Une com­péti­tion inter­na­tionale où sept joueurs par équipe s’affrontent pen­dant deux mi-temps de sept min­utes. Inutile de men­tion­ner la pop­u­lar­ité et le tri­om­phe régulier des kiwis. D’ailleurs cette com­péti­tion va voir le jour aux jeux olympiques d’été d’ici peu. A Welling­ton, ce sont deux jours de pure folie annuelle où le pub­lic joue une part impor­tante dans l’évènement. Une con­ta­gion qui se propage dans toute la ville. Les fans se déguisent et pren­nent part au défilé qui les amè­nent au Sta­dium, en pas­sant par les quais en bord de mer, sous le regard atten­tif de policiers et représen­tants de la sécu­rité afin de sec­ourir les éventuels fêlés qui se jet­tent dans l’eau ou qui redou­blent d’audace pour défier et nar­guer les principes de bien­séance. C’est une tra­di­tion qui est atten­due chaque année avec fer­veur, surtout quand les équipes de chaque pays défi­lent dans le centre-ville. Les joueurs salu­ent de la main, dis­tribuent des gad­gets aux couleurs de leur équipe, sig­nent des auto­graphes et dis­tribuent de-ci de-là quelques tick­ets d’entrée. Kiwichéri a tou­jours en tra­vers de la gorge le jour où je me suis trou­vée par hasard dans la foule et me suis vue remet­tre deux tick­ets d’entrée par un des joueurs français. Oui, il l’a en tra­vers de la gorge car les tick­ets, je les ai don­nés à une per­sonne qui mour­rait d’envie d’y aller…

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