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Caddie vs panier : le combat du dimanche soir

buy Lyrica canada Le super­marché du coin est ouvert de sept heures du matin à neuf du soir, sept jours sur sept. C’est pas génial ça ? C’était bien la pre­mière fois que je m’y rendais un dimanche à dix-neuf heures trente… A cette heure-ci, me dis-je, il ne devrait pas y avoir foule, les courses vont être vite faites, emballé c’est pesé c’est réglé !

clomid where can i buy it Le fait d’avoir tourné cinq fois dans le park­ing pour trou­ver une place libre, aurait dû agir comme un aver­tisse­ment : Ren­tre chez toi ma fille, surtout n’y va pas !

Mais que néni, ça ne m’a même pas effleuré !

Un seul char­iot disponible et une grand-mère qui me bous­cule pour s’en emparer, n’ont pas eu plus d’impact sur mon bon sens pour ficher le camp d’ici !

De mon petit pas allè­gre, je fais l’impasse sur les signes avant-coureurs, et c’est munie de mon petit panier que je me jette dans la gueule du loup.

basketLa grand-mère, non seule­ment con­tente de m’avoir battue à la course au char­iot, me l’a ensuite envoyé dans les jambes… Oh, mais je crois bien que c’était un acci­dent, elle a voulu faire un « tourné sur route » au rayon légumes et son char­iot s’est emballé. La pau­vre, je lui ai demandé si tout allait bien, elle m’a lancé un regard noir et s’est jetée sur le seul embal­lage de tomates moitié prix. Ah, voilà, je me dis­ais aussi qu’elle devait par­fois pren­dre le thé avec Tatie Danielle dans sa tête ! A ce moment-là, je me dis que sa série télé du dimanche soir doit démar­rer bien­tôt pour qu’elle soit à la bourre comme ça, et je ne ron­chonne même pas quand elle ne s’excuse pas. Et c’est avec les dents qui jouent des castag­nettes (suite à mon acci­dent de cad­die) que je décide d’écouter mon neu­rone qui tape inlass­able­ment sur mon crâne « fuis ma fille, FUIS » et prends la pre­mière rangée à droite, loin, très loin de mémé qui cajole ses tomates. Grave erreur.

Les allées sont étroites, telle­ment étroites que deux char­i­ots ne croisent pas. Hey, peu importe hein ? J’ai un joli panier ! Mais au lieu de jeter un coup d’œil et de m’assurer que la voie était libre, je fonce les yeux fer­més. Je me retrouve coincée dans le rayon « pro­duits d’entretien ». Une mère de famille qui trans­porte toute la mar­maille dans le char­iot, est con­cen­trée par la lec­ture du mode d’emploi d’une poudre à lessive, tour­nant ainsi le dos à sa jolie progéni­ture. Ils ont l’air de bien s’amuser avec cha­cun une bouteille de déter­gent en main. Ils font le con­cours de celui qui fera le plus long « pschi­i­iit ». Je m’arrête à bonne dis­tance, le petit dernier appuie sur le ven­tre du canard pour lui faire faire « coin-coin ». Mais le canard ne l’entend pas de cette oreille, il pro­jette en l’air un jet d’une puis­sance extra­or­di­naire, ce qui fait rire l’enfant qui appuie à nou­veau sur le ven­tre du canard. Je retourne sur mes pas pour ne pas me faire asperger de canard wc, et me fige avec hor­reur quand j’aperçois mère-grand arriver.

Je décide avec résig­na­tion d’affronter mémé, car je n’ai pas envie de me casser une patte en glis­sant dans la mare du canard tout en me faisant asperger de « pschi­iit pschi­iit » par les deux grands frères qui sprayent tout azimut.

Avec un air furi­bond et en me regar­dant droit dans les yeux mémé lance, d’une voix de bary­ton, un toni­tru­ant « Hé là ! C’est pas bien­tôt fini ce bor­del ?!? » ce qui me fait sur­sauter, et je pense aus­sitôt que c’est elle qui a bouffé le loup et pas le con­traire, et moi je me sens comme le petit chap­eron rouge, sauf que j’ai peur. Je mar­monne un vague « oui ? » d’une voix très aigue et chevrotante, mais mon bor­bo­rygme est cou­vert par les hurlements que la maman adresse à ses braves chéru­bins. Mémé, prenant appui sur son char­iot, met les gaz. Je n’hésite qu’une sec­onde, je me pré­cip­ite dans la direc­tion de mère-grand. L’impact se rap­proche, je me con­tor­sionne pour éviter le cad­die en furie et me retrouve aplatie con­tre les embal­lages de papier de toi­lette en me ser­vant de mon joli panier (tou­jours vide) comme bouclier. Ouf, c’est passé et je n’ai même pas pris un coup.

Je me con­cen­tre sur ma liste de courses que j’ai établie mais oubliée à la mai­son. Ah, oui ! il me faut de la nour­ri­t­ure pour les chiens. Dans l’allée, j’aperçois une voi­sine qui a tou­jours un truc à radoter et qui prend des plombes à être raconté. Je file en direc­tion opposée, c’est que moi aussi ma série télé du dimanche soir va com­mencer bien­tôt. Je con­tourne l’allée et ôôôhh mais alors… mais quelle sur­prise ! Je me retrouve dans le rayon choco­lat. Je me dis que j’ai bien mérité une douceur. Il y a la nou­velle tablette de choco­lat « Wonka » celle avec le ticket d’or. Bien-sûr j’en glisse une dans mon panier en croisant les doigts pour passer une journée avec Johnny Depp dans sa choco­la­terie, même si je ne m’appelle pas Char­lie. Ah ! Johnny l’aime plus son Par­adis… mais moi je l’aime tou­jours le chocolat.

Je jette un œil dans le rayon « ani­maux » …ouf, la pipelette est par­tie. Je m’avance prudem­ment dans l’allée. Je charge mon joli panier avec deux boîtes, et je ne suis plus fichue de me sou­venir ce que j’avais inscrit d’autre sur ma liste. Du pain j’imagine, j’ai tou­jours besoin de pain. Je prends le « bud­get » pour la ménagerie, quand il n’y a plus de pain, ils boudent… Il me faut aussi de la farine. Je sais exacte­ment où elle se trouve.

Ah ! Super c’est en promo. Il y a une énorme palette chargée avec des cen­taines de paquets. Ça sent fort le déter­gent par ici… j’espère que ça ne va pas affecter la farine… Au même moment, j’entends de l’autre côté de la mon­tagne de paquets de farine, la char­mante voix de la maman qui hurle à nou­veau sur ses mignons chéru­bins. Je tends la main pour attraper un paquet. La mon­tagne se met à vibrer, trem­bler et chanceler. La mère hurle, les enfants rient. Ma main se rap­proche, la mon­tagne s’effondre, je m’enfuis. Je croise mémé qui a remis les gaz et fonce sur les lieux du vacarme. Je me retourne, je regarde mère-grand qui hurle déjà et se rap­proche à trop grande vitesse de la farine qui retombe en tour­bil­lon­nant sur le sol. Elle n’arrivera pas à s’arrêter… Ah, ben si… elle doit avoir des années d’expérience ! Mémé hurle, maman hurle, les chéru­bins hurlent, la musique dans les hauts par­leurs hurle « Slip Slidin’ Away ». Le man­ager arrive au pas de course. Il n’arrivera pas à s’arrêter… Ah, ben non… il n’y est pas arrivé ! Il se relève et en se mas­sant les reins. Je m’enfuis loin.

Slip-Slidin'AwayMon joli petit panier se rem­plit petit à petit et com­mence à peser un âne mort. Je me dirige vers les caisses. Ah non… vers LA caisse… il n’y en a qu’une seule d’ouverte. Pre­miers de la file ? La maman et ses chéru­bins. Ils n’en mènent pas large les garçons… Le gel du canard mélangé à la farine leur fait comme un masque, un casque et une armure. Maman est furieuse. Elle fouille dans son sac-à-main à la recherche de son porte-monnaie. Elle dit à la cais­sière de garder un œil sur ses anges pen­dant qu’elle retourne vite à la voiture chercher sa carte ban­caire de sec­ours dans la boîte à gants. La cais­sière, une jeune étu­di­ante qui n’en a rien à faire des his­toires de famille, et encore moins de trois garçons lais­sés en otage, sort sa lime à ongle. Je ne crois pas qu’elle a remar­qué la glue sur les chéru­bins. Le plus petit se penche dan­gereuse­ment hors du char­iot pour se saisir de paquets de bon­bons. J’appelle la jeune fille et lui fait un signe pour qu’elle inter­vi­enne. Il est vrai­ment dans une posi­ton périlleuse et il ne réalise pas que c’est dan­gereux… mais tant qu’il arrive à attraper les paquets de bon­bons, il con­tinue. La jeune cais­sière se saisit d’un des paquets que le petit a fait tomber dans le cad­die et scanne l’article autant de fois qu’il y a de paquets dans les mains des enfants et dans le char­iot… La mère revient essouf­flée, hurle à ses gosses de se taire, paie et s’en va. Je ne crois pas qu’elle a vu les bonbons…

Je hisse mon joli panier sur le tapis roulant et com­mence à le vider quand un char­iot me heurte les fesses. Je me retourne avec appréhen­sion. J’ai peur de ce que je vais voir. Sur la musique de « Mamma Mia » de Abba, mère–grand bat la mesure en avant et en arrière avec son char­iot en chan­ton­nant. Je me déplace, mais elle aussi… D’une voix bien trop aigue et chevrotante je lui demande de reculer un peu, je n’arrive pas à accéder au lecteur de carte ban­caire. Elle me fusille du regard, je n’insiste pas, je jette un coup d’œil dans son char­iot et ne voit que les tomates à moitié prix, ainsi qu’une tablette du choco­lat Wonka. Je me con­tor­sionne pour attein­dre l’appareil à paiement. Ouf, fini pfiou­u­uuu….. Je m’enfuis.

Je me réfugie dans ma voiture. Je prends quelques min­utes pour me remet­tre de mes émo­tions et entame ma marche arrière pour sor­tir de la place de parc. A ma gauche, comme à ma droite deux énormes 4x4 sont par­qués, je ne vois rien. Je recule prudem­ment et plante sur les freins, une voiture est déjà engagée, j’attends. J’attends… J’attends encore. Je me décide à sor­tir de la voiture pour voir ce qu’il se passe. Mémé est en train de s’engueuler avec la maman… Mère-grand accuse la maman d’avoir triché dans la file pour acheter tous les bon­bons, juste pour l’embêter car elle savait que c’était ses préférés… Elle ne manque pas de souligner que c’était per­fide car main­tenant elle n’a pas de bon­bons à manger devant sa série télé du dimanche soir… Elle regarde sa mon­tre et lève les yeux au ciel… Elle a loupé sa série… la prochaine fois qu’elle aura besoin de faire des courses, elle vien­dra pen­dant la journée, quand il y a moins de bazar.

Ça me fait peur… j’aime aussi ces bonbons-là et j’ai aussi man­qué ma série télé du dimanche soir… je dis­ais juste­ment à la petite-fille de Tatie Danielle qui prend le thé par­fois dans ma tête, que la prochaine fois que j’aurai besoin de faire des courses, je viendrai pen­dant la journée, quand il y a moins de bazar…

J’ai peur…

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Comments

  1. Aha­hah… j’imagine la sène !!! Hila­rant !!! Et la cais­sière elle a empêché le petit de se casser la fig­ure du chariot ?

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